Discours prononcé par Patrick PASCAL, Maire de Villeneuve La Rivière lors de la Cérémonie du 8 mai 2018.

Discours prononcé par Patrick PASCAL, Maire de Villeneuve La Rivière

lors de la Cérémonie du 8 mai 2018.

Mesdames, Messieurs les Anciens Combattants, leurs descendants et leurs porte-drapeaux ;

Mesdames, Messieurs les Présidents et membres des

associations Villeneuvoises ;

Madame la Directrice de l’école ;

Mesdames les Enseignantes ;

Mesdames et Messieurs les élus ;

Monsieur le Directeur Général des services ;

Mesdames, Messieurs les employés communaux ;

Chères Villenevoises, Chers Villeneuvois ;

Mesdames et Messieurs ;

Mes chers concitoyens ;

Chers amis.

Nous sommes réunis aujourd’hui pour honorer la mémoire de nos combattants, morts pour la France, des civils et tous les déportés jamais revenus des nombreux camps de concentration durant cette seconde guerre mondiale.

Le 8 mai 1945 marque la capitulation de l’Allemagne, la reddition des forces allemandes, la victoire des alliés.

Le 20ème siècle commence à peine et la Première Guerre mondiale inaugure tristement cette nouvelle ère :

10 millions de morts et 21 millions de blessés avec, en signe de réconciliation, un Traité de Versailles qui humilie l’Allemagne.

Dès 1919, Friedrich Ebert, président de l’Allemagne, prédisait : « De cette paix imposée sortira une nouvelle haine entre les peuples et de nouveaux meurtres au cours de l’histoire ».

Il avait malheureusement raison, un monstre sera porté au pouvoir par les urnes.

Par un peuple allemand qui, sur fond de crise, mettait ses espoirs dans le IIIème Reich et allait payer ce lourd tribu du choix politique fait en 1933.

Le 10 mai de cette même année, plus de 20 000 livres jugés contraires à l’idéologie du régime fasciste sont brûlés à Berlin.

Le parti Nazi devient le seul parti autorisé : le IIIe Reich: l’antisémitisme est né.

Les juifs sont déchus de la nationalité allemande par les lois de Nuremberg en 1935, l’escalade commence.

Le 1er septembre 1939, les troupes allemandes envahissent la Pologne.

Le 3 septembre la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne : c’est le début de la Seconde Guerre mondiale.

Dès mars 1941, Adolf Hitler disait « Ce combat est une lutte idéologique et raciale ; il devra être mené avec la plus extrême détermination. »

A la fin de cette guerre ce n’est pas moins de 60 millions de victimes, civiles et militaires, soit l’équivalent de la population française d’aujourd’hui.

Niant les règles internationales, ce conflit a dépassé l’inimaginable au point qu’il faudra inventer une expression nouvelle pour nommer ces crimes, qualifiés désormais de « crimes contre l’humanité ».

Rendons hommage aujourd’hui à tous ces combattants, à tous ceux qui ont participé à la Libération, comme les

140 000 soldats tombés en 1940 que l’histoire a trop longtemps méconnus, et même parfois méprisés.

Tous ceux qui ont répondu à l’appel de la France libre, de la résistance sont, par nos rassemblements réguliers, reconnus, réhabilités et respectés.

Leur engagement secret et souvent douloureux, leur investissement ont permis à la France d’être présente à Berlin le 8 mai 1945 pour que notre pays conserve le privilège d’entamer le renouveau de l’Europe dans la paix et la liberté.

Ainsi au sacrifice de leur vie, pour défendre nos valeurs républicaines : liberté, égalité et fraternité, ils ont combattu dans l’ombre. Non pas parce que c’était juste ou généreux, mais parce que cet engagement porte une grandeur qui donne un sens, le sens de l’engagement pour que la vie des autres soit libre.

Des femmes et des hommes parfois très jeunes, combattent l’ennemi. Par des actes minimes ou des actions d’une grande bravoure.

Rappelons-nous, ici, de leurs noms, mais surtout de leurs actes qui montrent combien, confrontés à la barbarie, des femmes et des hommes savent se dépasser, se rassembler ; combien ils savent faire fraternité.

Souvenons-nous de Lucie Aubrac, une figure de la Résistance qui a disparu il y a quelques années.

Jusqu’à la fin, Lucie Aubrac était restée une militante inlassable de la mémoire.

Sa vie, marquée par un engagement exemplaire, et plus précisément durant les années noires de l’Occupation, aura définitivement fait d’elle l’incarnation du courage et de la capacité à se révolter.

Vivant à Paris avec son mari Raymond Aubrac, l’une des dernières personnalités de la Résistance à avoir connu Jean Moulin, Lucie Aubrac se rendait fréquemment dans les collèges et les lycées pour témoigner.

Souvenons-nous d’Irena Sendlerowa, Assistante sociale du Ghetto de plus de 400 000 personnes à Varsovie.

Aidée de son réseau de résistance Zegota, ils sauveront pas moins de 2 500 enfants d’une mort certaine.

Bieta, un bébé de 6 mois, en faisait partie, ses parents firent le plus grand sacrifice afin de lui donner une chance de vivre, ils la laissèrent partir.

Plus tard, lors d’un hommage à Irena, Bieta lit ce message :

« J’appelle tous les gens de bonne volonté à l’amour, la tolérance et la paix, pas seulement en temps de guerre, mais aussi en temps de paix ».

Se souvenir, se mobiliser contre l’oubli est notre devoir pour qu’un tel désastre ne se reproduise pas.

Car celui qui lit ou entend les témoignages de cette époque, devient témoin à son tour.

Ce 8 mai, est aussi associé à notre hommage à tous les déportés.

Plus de 6 millions de femmes, d’enfants et d’hommes, sont morts, dans les camps de concentration, parce qu’ils étaient juifs, slaves, tziganes, homosexuels, handicapés… Justes différents… Ceux qui sont revenus sont marqués à jamais.

Rendons hommage aujourd’hui aux rescapés, eux sont rentrés un jour, ils restent des témoins.

A toutes celles et tous ceux qui ont défié les définitions ethniques et biologiques que de sombres et obscurs esprits ont voulu imposer à l’humanité ;

A toutes celles et tous ceux sans lesquels les forces alliées n’auraient pu s’imposer à la folie destructrice,

Aujourd’hui, nous devons rester vigilants. Nous savons que, lorsqu’une démocratie oublie son passé, son socle, elle devient vulnérable et friable.

Malgré notre pays meurtri, malgré les difficultés rencontrées au sortir de cette guerre, la France s’est relevée.

De cette époque sont nées de grandes avancées sociales: la création de la sécurité sociale, et surtout le droit de vote est accordé aux femmes.

Depuis la fin de la guerre, l’Allemagne et la France se sont reconstruites, doucement, chacune de leur côté, puis ont commencé à travailler ensemble, en regroupant leurs matières premières, dans un premier temps.

Puis leurs forces au sein d’une seule et même instance : l’Union Européenne.

Parce que nous avons appris à vivre ensemble, nous vivons depuis sans connaitre la guerre. Cela fait aujourd’hui 73 ans.

L’avenir de paix et de fraternité que la victoire du 8 mai a rendu possible est aujourd’hui une réalité.

Nous devons pour cela continuer à être des acteurs et des bâtisseurs d’une fraternité en permanente construction.

Que jamais les esprits ne s’habituent aux horreurs des multiples intolérances.

Je terminerai par cette phrase de Robert Schuman :

« Pour construire une paix durable, il faut apprendre aux hommes à travailler ensemble ».

Je vous remercie.

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