Discours de la cérémonie du 14 juillet 2019.

Discours prononcé par Patrick PASCAL, Maire

lors de la cérémonie du 14 juillet 2019.

Monsieur le Président de l’Association des Anciens Combattants, les membres et Porte-drapeaux ;

Monsieur le délégué militaire départemental ;

Monsieur le Commandant de Gendarmerie, son représentant ;

Mesdames et Messieurs les pompiers de Pézilla La Rivière, de Perpignan Ouest et les jeunes sapeurs-pompiers ;

Monsieur Jacques MARRASSE, ancien Maire, que j’excuse ;

Madame la Directrice de l’École, les enseignantes ;

Chers élèves de l’école de Villeneuve et leurs parents ;

Mesdames et Messieurs les Présidents et les membres des associations Villeneuvoises ;

Mesdames et Messieurs les Élus ;

Chers Villeneuvoises, chers Villeneuvois ;

Mesdames et Messieurs,

Chers amis.

Au cœur de l’été 1789 le peuple de France se dresse contre l’Ordre Établi, contre l’Arbitraire, contre l’Absolutisme !

Lui, qui depuis des siècles, courbe l’échine devant le sceptre Royal et cette monarchie de droit divin.

Ce peuple de France, dont les 26 millions d’âmes vivent essentiellement de nos campagnes qui souffre des épidémies et des famines, affronte, aussi, ses premiers désœuvrements avec la fermeture de tant de manufactures, touchées de plein fouet par la concurrence Anglaise sur les fers et les tissus … résultat désastreux du Traité de Commerce, si imprudent, de 1786.

Ce Tiers-Etat, qu’a-t-il été, jusqu’à présent, dans l’ordre politique ? Rien, et que demande-t-il ?…

« A y devenir quelque chose ! ».

Ce Tiers-Etat qui, entendu ou animé par quelques philosophes, par quelques esprits éclairés, s’indigne à présent de sa pauvreté – s’irrite tout à coup de l’étalage des fastes de la Noblesse.

S’insurge désormais pour réclamer une condition meilleure, une réponse du pouvoir Royal, qui n’écoute plus les prêches du Clergé sur l’ordre divin établi et sur la résignation à une vie misérable qu’il avait jusqu’alors acceptée comme naturelle.

Cela doit changer ! Ce peuple, mûr pour la révolte, et bientôt pour la Révolution ; qui se découvre une vocation nouvelle pour « l’esprit public » : celui de la critique des abus réels et de la tradition religieuse et monarchique.

Notre Grand Peuple, qui pourtant a été si peu concerné par les idées du siècle des Lumières, réservées à la Noblesse et à la bourgeoisie.

A Paris, le Génie Révolutionnaire a pris toute sa dimension et a su ordonnancer et diffuser les idées nouvelles.

Les chantres s’évertuent, en quelques semaines, à renverser l’ordre des choses.

Déçu de ces États Généraux, dont ils espéraient tant !

De ces cahiers de doléances restés sans réponse.

Dès le 17 juin 1789, le Tiers-Etat se déclare – s’autoproclame – Assemblée Nationale.

Le 20 juin, il prête serment dans la Salle du Jeu de Paume.

Il se risque à abolir les privilèges – tous les privilèges – dans la nuit du 4 août … et encore, proclame la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, le 26 août.

Le défi lancé est considérable ! Quelques semaines d’agitation et d’insurrection, où le Pouvoir Royal hésite, puis vacille.

Quelques semaines d’ébullition où les Grands Hommes de la Révolution Française vont donner la pleine mesure de leurs esprits fondateurs, et façonner l’Histoire de France, comme l’Histoire du monde.

Quelques semaines de discours enflammés, de principes énoncés, de proclamations solennelles, dont on ne retiendra finalement que la date symbolique du 14 juillet, parce qu’elle s’attaque au symbole le plus décrié de l’Absolutisme et de l’Arbitraire : La Bastille.

Parce que cette action-là est conduite par le peuple révolté.

Par le peuple lui-même, tout à coup plus enclin à s’attaquer aux principes qu’à quémander du pain.

Le peuple qui a échappé aux directives de ses représentants.

Le peuple qui a compris le piège grand ouvert de la Monarchie Constitutionnelle qui se profile.

Le peuple qui a saisi l’occasion d’un acte irréversible et ce malgré les figures qui s’affirment, qui s’affrontent ; celles de Marat, de Danton, de Robespierre …

Le peuple qui gronde.

Le peuple qui se rassemble spontanément ; jusqu’à défier la Troupe.

Le petit peuple des journaliers et des lavandières, celui des corvéables et des boutiquiers, des artisans, des gens de peu, qui embrasse son destin et qui crie « la liberté ou la mort ! ».

Tant la haine solide, si longtemps contenue, contre les nobles et les mondains, est devenue incontrôlable.

Ce peuple de France, tout autant affamé d’idées neuves que de pain.

Non, le peuple de France ne se laissera pas voler sa colère, ni sa Révolution par des députés qui s’accommodent avec un Roi qui restera bien assis sur son trône… tant il a déjà mesuré la vaineté de ses suppliques, l’inutilité de ses cahiers de doléances, la frilosité de ses représentants !

Bien sûr, il y avait eu cette résistance de Mirabeau au déploiement des troupes de Versailles, au discours du Roi qui déclarait nulles les décisions du Tiers, qui sommait les trois ordres de se séparer…

Mirabeau qui répondit par sa fameuse réplique : « Allez dire à ceux qui vous envoient, que nous sommes ici par la volonté du peuple, et que nous ne quitterons nos places que sous la force des baïonnettes ».

La Révolution Française appartient désormais au peuple de France, venu donner son appui à l’Assemblée menacée.

En quelques heures, tout a basculé.

Par l’irréparable.

Par le sang versé.

La bourgeoisie, qui a su participer à temps à l’émeute, se sauve.

La « garde nationale » est confiée à La Fayette.

En ce 14 juillet, nous ne pouvons que célébrer la grande Révolution Française, dans son acte destructeur mais fondateur, par ce qu’elle fut réellement : la colère, la rage, la détermination de tout un peuple !

Une révolution sanguinaire et généreuse ; celle d’un peuple qui avait pressenti qu’il ne conserverait sa révolte qu’en dépossédant ses représentants de leurs tentations à endiguer ses élans.

Celle des citoyens et des sans-culottes, du cortège des femmes, excédées de faire la queue devant les boulangeries et des ouvriers sans travail.

Le peuple, qui ramène la famille Royale de Versailles à Paris comme une victoire, scandant : « nous ne manquerons plus de pain, nous ramenons le boulanger, la boulangère et le petit mitron. »

La Royauté est désormais entre les mains du peuple à quelques pas de la conciergerie où son sort est scellé… et de la place de la Révolution où l’acte final peut se jouer, où le 21 janvier 1793 Louis XVI est guillotiné.

Alors, la Révolution peut vivre ! Révolution sanguinaire, mais Révolution courageuse, et généreuse.

Généreuse à nous laisser, dans un héritage de plus de deux siècles, les principes de Liberté, d’Égalité et de Fraternité qui nous animent, jusqu’à ce jour, avec toujours autant de force !

Vive le symbole du 14 juillet,

Vive La Liberté,

Vive La République,

Vive Villeneuve.

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